26 janvier 2001- 26 janvier 2018 : les flèches de Joseph Kabila

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En marge de ses 17 ans à la tête de la RD Congo, le chef de l’État, Joseph Kabila Kabange, a animé une conférence de presse le vendredi 26 janvier 2018 à son bureau de travail au Palais de la nation. Évoluant son bilan, Joseph Kabila a brossé une esquisse de ses réalisations. Ce sont, entre autres, la pacification du pays, la stabilité économique, la mise en place des institutions démocratiques, les infrastructures, etc.

Répondant à une question précise sur le plus grand succès de ses 17
ans de pouvoir à la tête du pays, Joseph Kabila a fait savoir sans
hésiter qu’il s’agit de la réunification du Congo. « Beaucoup avaient
parié sur la disparition, le démantèlement de ce pays. Mais le Congo
existe toujours. Aujourd’hui, nous parlons du 3eme cycle électoral,
c’est une bonne chose…», a-t-il martelé.

Au sujet des points faibles de son mandat, le président de la
République a plutôt préféré le vocable «regret». Son plus grand
regret, a-t-il fait noter, c’est de ne pas avoir réussi à transformer
le Congolais.  « On a traîné quelques points négatifs de l’époque
Zaïre…» a-t-il regretté avant d’ajouter qu’il aurait bien aimé bien
voir un autre Congolais en 2018. « Ce n’est pas tard. On va encore
continuer à travailler pour changer les choses…» a juré Joseph
Kabila.
En effet, a-t-il dit d’entrée aux médias nationaux et internationaux
qu’il avait conviés, son objectif était de « clarifier, informer,
corriger et certainement rassurer notre Peuple ». « Depuis des années,
on vous dit tout. Tout sauf la vérité ! Depuis des années, vous dites
toutes ce qui est négatif dans notre pays. Jamais ce qui se passe de
positif. Je vais vous donner mon point de vue, ma lecture », a-t-il
appuyé.
Durant près de 1h30, le président Joseph Kabila a passé en revue
plusieurs sujets brulant de l’actualité et des évènements depuis son
accession au pouvoir.  Dans le lot, il a parlé du processus électoral
; les relations avec les voisins et partenaires de la RDC ; la MONUSCO
et la situation socio-économique et sécuritaire.

Elections : le processus résolument engagé !

Affirmant que le processus électoral est résolument engagé, le chef
de l’Etat, il a expliqué à ses hôtes que « la loi électorale,
l’enrôlement des électeurs presque à terme, le fichier bientôt sera
prêt consolidé.» Et d’ajouter : « Le calendrier électoral est bien
précis. Dès que les élections auront été organisées et que l’élu sera
connu, il y aura passation. Mais notre volonté est qu’elles soient
bien organisées pour que l’après élection soit paisible. »
Et à la question de savoir s’il serait candidat à la présidentielle
de décembre 2018, le chef de l’Etat a renvoyé la journaliste vers la
constitution. « Quelqu’un a-t-il une copie de la Constitution ici ?
Remettez ça à ma jeune sœur ». Plus tard, il a indiqué, au sujet des
rumeurs de l’organisation d’un éventuel référendum, qu’il n’a pas vu
inscrit dans le calendrier électoral la tenue d’un référendum, mais
que le processus électoral est perfectible. « Est-ce que l’on peut
améliorer ce processus ? Certainement ! La porte est ouverte.»

Seul à battre campagne pour cette constitution

Content de son plus grand succès : réussir la réunification du pays,
Joseph Kabila a fait savoir que la RDC existe toujours alors que
beaucoup avait parié sur sa dislocation. « J’étais le seul à avoir
battu campagne pour l’adoption de la constitution. Les autres avaient
carrément rejeté la constitution. Ils étaient restés sur place ici à
Kinshasa, dans les bistrots, dans les ambassades, alors que j’étais
sur le terrain en train de battre campagne pour l’adoption de la
constitution. Et quand je vois ceux qui prétendent défendre la
constitution, je ne fais que m’éclater, c’est plus rire. Ils défendent
la constitution aujourd’hui, une constitution qu’ils avaient rejetée…
» et « parmi ceux qui avaient rejeté la constitution en vigueur, c’est
l’Eglise catholique », a tenu à préciser le Président de la
République.

Artisan de la liberté
d’expression
Interrogé sur les libertés fondamentales, et notamment le droit de
manifester, qui alimentent ces derniers jours l’actualité de la RDC,
Joseph Kabila s’en est pris à l’opposition, à l’église catholique et à
la MONUSCO qu’il accuse, entre autres, de s’opposer à l’avancée
démocratique dans son pays, se demandant même « Pourquoi alors
chercher à faire dérailler le train menant aux élections ? Cela est
inadmissible. » « Citez-moi un seul pays chez nos 9 voisins qui a
autant de partis politiques et où le journaliste peut se réveiller le
matin et injurié le Président de la République comme en RDC. Je suis
contre les injures et les calomnies mais pour la libre expression !
Mes homologues des pays voisins s’en étonnent même auprès de moi. Ma
réponse est que c’est ce qui fait de la RDC un grand pays…»,
affirme-t-il.
En définitive, il a promis la promulgation imminrnte d’une loi sur
les manifestations. « Il faut permettre les manifestations mais leurs
organisateurs doivent pouvoir répondre de leurs effets. Nous sommes
stricts sur le comportement des forces de l’ordre, cela doit aussi
s’appliquer aux organisateurs. Le Sénat et L’assemblée Nationale
doivent se pencher sur la loi sur les manifestations. La démocratie,
ce n’est pas la foire, j’espère que cette loi sera adoptée par le
Parlement. »
«Mon pays n’est pas à vendre, la RDC doit être respectée. Même si on
donne à manger à quelqu’un, il a droit à sa dignité. Or, personne ne
donne à manger au Congo. Le Congo refuse que l’aide serve de moyen de
subordination»,  lance-t-il, pour demander à la Communauté
internationale de respecter la RD Congo malgré son apport et son aide.
Concernant les relations aujourd’hui tumultueuses entre notre pays et
la Belgique, le chef de l’Etat est tranchant : « Nous avons été
calmes, sereins. Nous les appelons oncles. Ils nous appellent neveux!
Nous sommes plutôt des cousins. Les responsables belges doivent
comprendre que le Congo n’est plus une colonie !» Et de renchérir : «
Ceux qui ont assassiné la démocratie dans ce pays devraient faire
preuve d’humilité en lieu et place de donner des leçons », a fait
savoir le président Kabila à ses détracteurs.
Quant à la Monusco, Joseph Kabila dit exiger le «respect strict du
SOFA», l’accord de siège qui lie la RDC à l’ONU, accord maintes fois
violé, selon lui. Il accuse par ailleurs l’ONU d’avoir tardé à réagir
après des drames. «Kamwina Nsapu, ADF, etc. Malgré nos multiples
appels à la Monusco face à ces terroristes, il y a eu réaction
tardive, après des drames, et de ne se réveiller que lorsqu’on tue les
leurs… ».
« La MONUSCO n’a éradiqué aucun groupe à l’Est de la RDC. Les
opérations en cours sont celles des FARDC. Il a fallu que les
terroristes décapitent des experts de l’ONU pour qu’elle ouvre yeux.
Idem sur les ADF qui ont commis des crimes atroces.»
Quant à la situation sécuritaire, il s’est félicité de son
amélioration « à 85% au Kasaï » et d’assurer que « les autres
provinces sont dans la paix ». « Sur les 26 provinces de la RDC, il
n’y a que deux provinces où nous avons une situation que je peux
qualifier d’inquiétante. C’est la province du Nord et du Sud-Kivu. Le
problème le plus sérieux se situe à Beni. […] pour les deux Kivu et
les provinces du Kasaï touchées par les violences, il faut des
sanctions exemplaires. »

Tshieke Bukasa