25 février : 3me marche des Laïcs Catholiques

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Après les marches du 31 décembre 2017 et du 21 janvier 2018, toutes réprimées dans le sang, par les forces de l’ordre, le Comité Laïc de Coordination revient à la charge et annonce une troisième de la série pour le dimanche 25 février. A l’instar des deux premières, cette troisième marche ne vise rien d’autre que l’exigence de l’application
intégrale de l’Accord du 31 décembre 2016, notamment ses dispositions relatives à la tenue des élections, à la restructuration de la CENI, à l’interdiction pour le Chef de l’Etat de briguer un 3me mandat; à la libération des prisonniers politiques et d’opinions, à la réouverture des médias injustement fermés, à la fin du dédoublement des partis
politiques, à l’ouverture des médias publics à tous les courants d’opinions, à la liberté de manifester, etc.

Sorti momentanément de la clandestinité, le professeur Thierry Nlandu
a réitéré, en pleine Cathédrale Notre Dame du Congo, le refus des
Laïcs Catholiques de jeter l’éponge dans leur combat pour l’avènement
de la démocratie et de l’Etat de droit en RDC.
Mobilisation du Comité Laïc de Coordination
Lors des marches pacifiques du 31 décembre 2017 et du 21 janvier 2018,
le Comité Laïc de Coordination a mobilisé plus de 3.000.000 de
Congolaises et Congolais qui ont marché pacifiquement pour réclamer
l’application intégrale de l’Accord de la Saint Sylvestre. Comme seule
réponse, le pouvoir a choisi une répression sanglante, affichant ainsi
la persistance de son arrogance, de son mépris et de son insouciance.
Bref le refus catégorique de prendre en considération les
revendications de toute une nation.

Trop c’est trop !

Notre peuple ne croit plus en la volonté politique des dirigeants
actuels d’assurer une alternance pacifique du pouvoir. En effet, les
nombreuses fenêtres d’opportunité offertes à nos dirigeants actuels
tant par la communauté nationale qu’internationale ont été
volontairement et systématiquement rejetées; réaffirmant ainsi leur
volonté de se maintenir au pouvoir sans respect de toute procédure
démocratique.
Aussi a-t-il décidé de se mettre résolument debout pour barrer la
route à la présente dictature, premier obstacle à l’organisation des
élections libres, transparentes et apaisées. Nous voulons des
élections ! Oui nous les voulons, libres, démocratiques, transparentes
et inclusives mais pas des élections truquées et manipulées d’avance,
qui ne garantissent pas la paix, ni avant, ni après les élections.
Pour la 3° fois, le Comité Laïc de Coordination invite le Peuple
Congolais, à poursuivre la marche jusqu’à la victoire finale. Nous
irons jusqu’au bout de ce régime irrespectueux de la Constitution et
de l’Accord de la Saint-Sylvestre.
Notre peuple interpelle d’abord -Tous ceux qui aujourd’hui sont
devenus des ennemis de la Démocratie;
– Tous ceux qui cherchent dans nos revendications, d’hypocrites
arguments et prétextes pour justifier leur violence et leur barbarie ;
-Tous ceux qui se rendent complices des crimes en s’opposant à
l’organisation d’une enquête indépendante pour identifier, traduire en
justice et condamner les tueurs et leurs commanditaires ;
– Tous ceux qui veulent étouffer les aspirations du peuple congolais
à l’alternance et au changement, dans le respect de la Constitution et
de l’Accord de la Saint-Sylvestre.
– A tous ceux-là qui ne veulent pas comprendre, nous leur disons:«
Nous n’irons jamais dans la violence. Nous n’accepterons jamais que
des Congolais portent la main sur d’autres Congolais! Leur violence et
leurs balles ne triompheront pas de notre amour du Congo et des
Congolais».
Notre peuple interpelle aussi le Conseil de Sécurité des
Nations-Unies, l’Union Africaine, et l’Union Européenne, afin qu’ils
aillent au-delà des condamnations de principe, car ils sont des
témoins non seulement du blocage du Processus électoral par le
Président Kabila mais aussi des atrocités et de la barbarie qui
émaillent ce processus. Et pourtant, à travers ces manifestations
pacifiques, le peuple congolais ne demande que l’application de
l’Accord de la Saint-Sylvestre, un Accord largement soutenu par
l’ensemble de la Communauté internationale. Il est encore temps
d’éviter que la RDC ne sombre dans la violence susceptible d’entrainer
toute la sous-région dans le chaos.
Ce 25 février 2018, où que nous soyons, au Congo ou à l’étranger,
quelles que soient nos appartenances religieuses, associatives,
politiques ou professionnelles ;
LEVONS-NOUS ET MARCHONS pour dire NON à la dictature;
DRESSONS NOS FRONTS ET MARCHONS pour dire NON à toutes les atrocités
dont notre peuple est victime ;
DEBOUT CONGOLAIS ET MARCHONS! SOYONS PRETS à affronter le pire pour
arracher le meilleur, à savoir le respect de notre dignité d’homme et
de femme.

Fait à Kinshasa,
ce 10 février 2017.

LE COMITE LAIC DE COORDINATION

Thierry Nlandu
Isidore Ndaywel
Justin Onaka
Léonnie Kandolo
Julien Lukengu
Oraison funèbre du Comité Laïc de Coordination
Excellence,
Frères et soeurs dans la foi,
Ceux qui nous quittent aujourd’hui ont un nom. Ils ont un âge. Ils ont
un visage :

1. Thérèse Kapangala
2. Hussein Ngandu Kisene
3. Jackson Kabadiatshi Malango
4. Benjamin Mwingilau
5. Serge Kikunda
6. Matthieu Mfuamba
7. Un mort par balle non identifié à Lemba au Camp Mzee Kabila.

Tous, des jeunes êtres que les armes en folie ont arraché à la vie.
Ils ne rêvaient que d’une seule chose : vivre heureux sur cette terre
de nos ancêtres. ils n’ont jamais cru, un seul instant, qu’ils
devaient donner leurs vies pour que les dirigeants de ce pays
comprennent qu’ils n’avaient simplement soif que de liberté et de
bonheur.

Ces morts que nous honorons aujourd’hui suscitent de multiples
interrogations parmi lesquelles je retiendrai celles du corps innocent
de Thérèse. Là où elle se trouve, à cet instant, Thérèse nous
interroge tous, en commençant sans doute par son père, officier de
Police, membre d’un Corps dont le rôle est de protéger la vie des
citoyens;

«Oui Papa, aujourd’hui la Police a tué sa propre fille, elle qui a
toujours tiré sur les enfants des autres;
Oui papa, tous les officiers comme toi, dans tous nos camps militaires
et de Police, ne savent plus à qui adresser les condoléances.
Mais au-delà de ces instants de douleur, ma mort cherche quelques
réponses à mes interrogations :
* Qui, dans vos services, donne des armes de guerre pour encadrer des
marches pacifiques? Dis-moi qui, papa?
* Qui, dans vos services, distribue, comme des petits pains, ces
munitions qui tuent? Dis-moi qui, papa?