Tripaix/Ndjili : deux sœurs… deux versions sur l’héritage familial

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justice-balance Mamosi Adèle poursuit l’enseignante Luwutu pour usage de faux au Tribunal de Paix de Ndjili. Pomme de discorde : la parcelle sise avenue Matanda 75, dans la commune de Kimbanseke. Selon la plaignante, ce serait un bien successoral vendu par sa jeune
sœur Mafuanikisa de manière illégale à la prévenue Luwutu.  Portant le numéro  RP 15060, cette affaire a été examinée hier mardi 12 juillet 2016.
Ouvrant les hostilités, les avocats de la plaignante ont rappelé que leur cliente est l’une de deux filles de maman Watadio, décédée en 1985. La défunte était la propriétaire originelle de la parcelle querellée. Il semble que peu avant son décès, elle aurait, sous forme
de donation, institué la plaignante comme propriétaire légale et sa sœur co-propriétaire de sa  parcelle. Les deux sœurs auraient ensuite continué à vivre sous un même toit à Kimbanseke.

Coup de théâtre
Un des avocats de Mamosi a fait savoir qu’un  jour, prétextant un cas
de recensement, la jeune sœur avait obtenu le livret de logeur auprès
de  son aînée et procédé en 1989 à la vente de leur parcelle au prix
de 1.400.000 Zaïres.
Le hic, a fait observer le collectif d’avocats de Mamosi, est que
Mafuanikisa aurait établi un premier acte de vente dans lequel elle
aurait apposé sa signature comme vendeuse et un second acte où il y a
les signatures des témoins. Ces avocats ont  affirmé qu’ayant compris
plus tard qu’elle avait été poussée habilement par un de ses proches à
procéder à la vente de la parcelle familiale, Mafuanikisa se serait
adressée au bourgmestre de Kimbanseke  pour recadrer les choses.
Ladite vente aurait eu lieu au bureau du quartier.
Selon une autre version en circulation, cette transaction immobilière
aurait  été faite pour apurer une dette.
Un des avocats a énuméré les différents endroits (Service des
Contentieux, TGI Ndjili, Parquet de Ndjili) où ce dossier aurait
transité avant le procès.
Se référant aux articles 124 et 126 du Code de procédure pénale, les
avocats de la partie civile  ont conclu qu’il y a eu altération de la
vérité et intention de nuire, ajoutant que Mafuanikisa n’avait pas
qualité pour opérer la vente. En plus de 100.000 dollars de dommages
et intérêts, ils ont sollicité du tribunal qu’il ordonne au
Conservateur des Titres Immobiliers de Tshangu d’établir une nouvelle
fiche parcellaire pour le compte de leur cliente.
De leur côté, les  avocats de la prévenue ont soutenu qu’en réalité,
Mafuanikisa serait la demie sœur de Mamosi. Née d’un autre père, le
géniteur de Mafuanikisa, du nom de Ntisa, aurait acheté et légué plus
tard à sa fille la parcelle querellée.   Nkuakasa serait le nom du
père de Mamosi, ont-ils indiqué.
Le jour de la vente, ont signalé ces juristes, Mamosi aurait fait
beaucoup de bruit pour n’avoir pas reçu sa quote-part sur la vente
opérée par sa demie-sœur.  Et pourtant, la plaignante ne pouvait pas
logiquement faire une telle demande.  Accusant également la plaignante
d’avoir trafiqué un acte de cession, ils ont soutenu qu’aucun document
n’aurait été versé au dossier pour faire accréditer la version qui
fait de Watadio la propriétaire originelle de la parcelle querellée.
A les en croire, le montant  de la vente repris  dans ces deux
textes étant le même, l’altération de la vérité évoquée par l’autre
partie ne serait pas évidente. Ils ont fait remarquer aux juges qu’ils
n’avaient pas été saisis pour la prévention de faux en écriture, d’où
le Tripaix n’était pas compétent pour déguerpir leur cliente.
Réagissant  à la déclaration faite par un des avocats de Luwutu selon
laquelle Mafwanikisa et Mamosi seraient des demie- sœurs, les avocats
de la plaignante ont déploré l’absence de preuves pour étayer cette
assertion et des originaux des titres parcellaires détenus par la
prévenue.
Le verdict interviendra dans les jours à venir.
JPN