Matata au Sénat : «La croissance économique de la RDC n’est pas factice…»

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matataLe Premier ministre, Augustin Matata Ponyo, s’est livré, hier jeudi 2 juin, devant la chambre haute du Parlement au périlleux exercice d’explications sur les réalisations de son gouvernement. C’était à la faveur de la question orale avec débat lui adressée par le sénateur Florentin Mokonda Bonza sur la conduite de la politique de la nation.

Dans un questionnaire à 12 volets, l’auteur voulait avoir du chef du gouvernement l’éclairage sur :
– la lecture qu’il fait de la situation actuelle de la RDC qui aspire à l’émergence en 2030 ;
– la conciliation des réformes structurelles et l’ampleur des importations de produits alimentaires ;
– le sort réservé aux ménages agricoles et aux jeunes ruraux dans l’arrière-pays ainsi qu’à plusieurs actifs urbains sans emploi, face à l’option d’investir dans les parcs agroindustriels à forte intensité ;
– les mesures concrètes de politique industrielle du gouvernement en faveur de grandes unités de production aujourd’hui déclassées ;
– le niveau d’exécution du projet de construction de Zongo 2 ;
– le paiement cash dans l’achat des avions de la compagnie Congo Airways;
– les mesures envisagées pour assurer la salubrité à Kinshasa ; etc.
Faisant l’analyse des aspects de la question orale lui adressée, le
Premier ministre en a relevé 4. A savoir : la difficulté pour l’auteur
de saisir ou distinguer la nature des priorités inscrites au budget et
la pertinence des actions réellement financées sur le terrain ; le
caractère factice et fragile de la croissance économique en RDC où des
pans entiers de la population urbaine et rurale évoluent en marge de
la croissance ;  près de 90% de la population vit en-dessous du seuil
de pauvreté ; la stabilité du cadre macroéconomique précaire voire
hypothétique.
Entrant dans le vif des réponses, Matata a rejeté les allégations
selon lesquelles la croissance économique demeure factice. Se basant
sur les réalisations à impact visible, il a déclaré : « J’aimerai
confirmer que la croissance économique de la RDC n’est pas du tout
factice. Elle est réelle comme l’attestent les réalisations du
gouvernement dans le domaine de la création des écoles, des centres de
santé, de la société TRANSCO, de la société CONGO AIRWAYS, de
l’aérogare de Ndjili, du bâtiment du gouvernement, de la mise en œuvre
du projet de parc pilote de BUKANGA LONZO… Ce sont là des réalisations
rendues possibles par l’accroissement des recettes publiques
imputables à la croissance ».
En outre, le premier ministre soutient que depuis son existence à
partir du 30 juin 1960 comme Nation souveraine, c’est la première fois
que la RDC aligne sur une période interrompue de 15 ans, une
croissance économique soutenue.
Autres preuves de la croissance, souligne l’orateur, contrairement à
plusieurs pays africains (Angola, Zambie, Ouganda, Afrique du Sud,
Nigéria…) et du monde (Venezuela, Chili, Russie,…), en proie à des
fortes turbulences économiques, les fondamentaux de l’économie
congolaise sont maintenus. Entre 2010 et fin mai 2016,         la
monnaie congolaise ne s’est dépréciée que de 5,4%, passant de 931FC/
le dollar à 985FC/le dollar, alors que la moyenne de dépréciation de
monnaies des pays précités atteint 30% au cours de la même période.
Le premier ministre a continué sur la même lancée en mettant en
exergue les différentes réalisations de son gouvernement.
Puis le débat général a été ouvert. Et contrairement à la tradition
où l’on enregistre souvent moins d’une dizaine d’intervenants, plus de
20 sénateurs sont intervenus soit pour poser des questions au chef du
gouvernement, soit pour lui faire des suggestions. Tous les secteurs
de la vie nationale ont été abordés.
Pour mieux préparer ses réponses, Matata Ponyo a sollicité et obtenu
un délai approprié. Il reviendra le lundi 6 juin à 10 pour répondre
aux préoccupations des sénateurs.
Dom

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