24 heures après l’arrêt de la CSJ : troubles à Bandundu

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– Dérapages des manifestations pro et anti-Ndambu
– Tirs de la police à balles réelles: deux morts
– Pillages d’un dépôt de boissons et d’une chambre froide

La ville de Bandundu, chef-lieu de la province du même nom, a connu hier mercredi  2011, de graves troubles consécutifs à la répression violente, par des éléments de la police, des marches de protestation de la population contre l’Arrêt de la Cour Suprême de Justice réhabilitant le gouverneur Richard Ndambu. Aussitôt après avoir appris ce qu’ils ont considéré comme une bonne nouvelle, les partisans de l’autorité provinciale se sont répandus en cris de joie et manifestation de réjouissances dans la soirée du mardi 26 avril 2011.

Une vive tension s’est ainsi installée dans la ville de Bandundu entre les pro et les anti-Ndambu. Et tôt le matin du mercredi 27 avril, des manifestations de colère sont parties de plusieurs quartiers de la ville de Bandundu pour le centre de cette ville qui ressemble encore à un grand village. Mais, on ne sait pourquoi, des éléments de la police se sont mis à bloquer toutes les artères principales, empêchant ainsi la progression des marcheurs. Dans l’impossibilité de casser ce mouvement de colère, elle a finalement recouru aux tirs à balles réelles. C’est dans ces circonstances qu’un manifestant, touché, est tombé raide mort. Plusieurs blessés ont été aussi enregistrés.

Au lieu de calmer les esprits, ce décès a davantage ravivé la colère des manifestants, qui se sont mis à saccager quelques biens, dont un dépôt de boissons présentant comme propriété du gouverneur Richard Ndambu et une chambre froide attribuée à l’épouse du ministre provincial de la Santé.
Le chassé-croisé entre manifestants et policiers s’est poursuivi dans l’après-midi. Les actes de violences et vandalisme ont redoublé d’intensité après l’enregistrement d’un second mort, tué par balle, sur l’avenue Wamba, dans la commune de Disasi. La victime a été identifiée comme un abatteur de vache répondant au sobriquet de « Wabeto Mosi ».

Récupérée par les manifestants, la dépouille mortelle de l’intéresse a été porté à bouts de bras pour être finalement déposée devant la résidence du gouverneur Richard Ndambu. Compte tenu de l’invasion progressive de celle-ci par la foule, la police a dû intervenir efficacement pour reprendre possession du cadavre de Wabeto Mosi et le diriger vers la morgue de l’Hôpital Général de Référence de Bandundu.
La journée d’hier s’est terminée sous une forte tension et une grande confusion à Bandundu/ville. Les observateurs redoutent des règlements de compte entre partisans et adversaires de Richard Ndambu.

Cohabitation impossible ?

On rappelle que le chef de l’exécutif provincial avait été destitué le 11 mars dernier par l’Assemblée Provinciale, à la suite d’une motion de défiance articulée contre lui pour mauvaise gestion et détournement des deniers publics. Mécontent de sa déchéance, l’intéressé avait introduit auprès de la Haute Cour un recours en annulation de la décision évoquée. A cet effet, cette juridiction a fondé son Arrêt sur la non-conformité du Règlement d’ordre intérieur de l’Assemblée Provinciale du Bandundu avec la Constitution de la République.

Après les événements malheureux d’hier mercredi, l’on se demande si la cohabitation sera possible entre le gouverneur destitué puis réhabilité et les députés provinciaux. Au regard de la détermination de ces derniers de ne pas accepter l’Arrêt de la Cour Suprême de Justice, il est à craindre que la province de Bandundu devienne ingouvernable. Mais, ce qu’il faut redouter de plus, c’est l’entrée en scène de la population dans un dossier qui risque de faire couler davantage de sang, si le pouvoir central ne s’implique pas pour dépoussiérer le dossier pendant de la mauvaise gestion et des détournements des deniers publics à charge de Richard Ndambu. Car, jusque-là, la Cour Suprême de Justice, s’est contentée de trancher sur la forme. Le débat de fond, quant à lui, demeure entier.
Une commission d’enquête serait certainement la bienvenue pour se pencher non seulement sur le soulèvement populaire d’hier mais aussi sur la gestion de Richard Ndambu. A l’heure de la Tolérance zéro, les Congolais voudraient savoir ce que cacheraient réellement les placards du gouvernorat de Bandundu.

                                     Kimp

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