Papa Wemba : les hommages de la Nation

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papa-0060Décédé le dimanche 24 avril 2016 à Abidjan, en Côte d’Ivoire, sur la scène, Jules Shungu Wembadio dit « Papa Wemba » se trouve sous les feux des dommages de sa mère patrie. En effet, les Congolais de tous les horizons se sont trouvés unis, hier lundi 2 mai 2016, comme un seul homme, pour rendre des hommages mérités à son « ambassadeur » musical tombé au front, il y a une semaine. Hormis le Chef de l’Etat, tous les animateurs des institutions républicaines présents au Palais du peuple, se sont succédé autour de la dépouille de Papa Wemba pour s’incliner devant sa dépouille mortelle.
C’est le Palais du peuple, siège du Parlement, qui a été choisi par le gouvernement pour servir de cadre à l’organisation des obsèques nationales réservées au « pape de la sape » congolaise, du lundi 2 au mercredi 4 mai 2016.
Il est 10h05 lorsque la dépouille mortelle de Papa Wemba est amenée dans le hall du Palais du peuple pour être installée dans la chapelle montée pour la circonstance. Près de 15 minutes après, soit à 10h18, le Chef de l’Etat débarque sur le lieu. L’hymne national est exécuté, et c’est le début de la cérémonie de décoration à titre posthume de l’illustre disparu.
Une fois que l’officier des ordonnances termine la lecture du texte élevant Jules Shungu Wembadio alias « Papa Wemba » au rang de « Grand officier » de l’Ordre national Héros nationaux Kabila-Lumumba, Joseph Kabila prend la parole pour lire la formule rituelle : « Nous vous élevons à titre posthume à la dignité du Grand officier de l’Ordre national Héros nationaux Kabila-Lumumba pour vos mérites, vos loyaux et éminents services rendus à la Nation congolaise ».
            Au total, trois mots de circonstance sont prononcés, notamment par le représentant des artistes, en l’occurrence Jossart Nyoka Longo, par la fille aînée du défunt au nom de la famille biologique ainsi que par le  ministre de la Culture et des Arts, Baudouin Banza Mukalay Sungu pour le gouvernement.
Appel de Nyoka à l’unité et à la solidarité
            Dans son message, Jossart Nyoka Longo exprime la gratitude de la famille biologique et musicale envers les autorités congolaises, particulièrement le chef de l’Etat, pour leur engagement à offrir à Papa Wemba des funérailles dignes de son rang, ce qui constitue un motif de réconfortpour tous les artistes musiciens encore en vie.
            Puis, l’orateur brosse brièvement le parcours commun qu’il a connu avec le défunt, à savoir le début de la carrière musicale dans l’orchestre Zaïko, avant que chacun choisi son chemin. L’ambiance vécue, l’amour partagé, les moments de merveille…bref, Jossart égrène des souvenirs du passé.
            Il émet le vœu de voir la solidarité qui s’est manifestée à l’occasion de la mort de Papa Wemba se consolider à jamais entre les musiciens congolais, afin que des querelles et divisions inutiles auxquelles l’on assiste disparaissent. D’où son appel à l’unité des membres de la famille musicale congolaise.
 
Kadi Shungu dit non à la spéculation
            Dans son mot de circonstance, la fille aînée du défunt, Kadi Shungu, tient à remercier le chef de l’Etat et le gouvernement pour n’avoir ménagé aucun effort afin d’offrir à son géniteur des obsèques grandioses. Pour elle, la mort de Papa Wemba doit être l’opportunité de renforcer les liens culturels et fraternels entre la Côte d’Ivoire et la République Démocratique du Congo. De la même manière, cette disparition brutale de Papa Wemba qui a dépassé les frontières nationales pour atteindre les dimensions mondiales, doitt également contribuer à la promoition de la culture universelle.
Enfin, après avoir loué les mérites de son défunt géniteur qu’elle qualifie de père aimant, affectueux, généreux, véritable chef coutumier, patriarche… Kadi Shungu s’érige contre la spéculation autour de la mort de Papa Wemba. « S’il était malade, la famille ne l’aurait pas laissé voyager. Ma mère et moi, on l’aurait empêché de partir », tranche-telle.
Les requêtes du ministre Banza
            A son tour, le ministre de la Culture et des Arts, Banza Mukalay se réjouit de la dimension atteinte par un fils du pays, Jules Shungu Wembadio dit « Papa Wemba », dont la mort révèle sa grandeur à travers le monde.
            Après avoir loué le travail abattu par l’illustre disparu en hissant haut l’étendard de la RDC à travers le monde, le ministre saisit l’occasion pour plaider en faveur de la construction d’un Palais de la culture qui fait encore défaut, alors que le pays revendique une place de choix dans le domaine culturel dans le concert des nations.
            Il suggère, au passage, le projet de création d’un musée national pour toutes les icônes de la musique congolaise déjà décédées.
            Outre ce plaidoyer, Baudouin Banza Mukalay présentes deux requêtes :
–           Que le 24 avril soit proclamé « Journée nationale de la musique congolaise » ;
– Que le gouvernement congolais propose à l’Unesco d’inscrire la rumba congolaise sur la liste du patrimoine immatériel mondial de l’humanité.
Mais, dans l’entendement de Banza, toutes ces propositions devraient être suffisamment discutées pour juger de leur bien-fondé ou non avant leur matérialisation éventuelle.
Toute la crème politique nationale et étrangère mobilisée 
 
     Le Président de la République, le président de l’Assemblée nationale, le président du Sénat, le Premier ministre, le premier président de la Cour constitutionnelle, le chef d’état-major général des forces armées, le commissaire général de Police nationale, le gouverneur de la ville de Kinshasa et président du comité organisateur des obsèques…bref, tous les animateurs des institutions républicaines sont présents au Palais du peuple pour honorer la mémoire de Papa Wemba.
Des délégations étrangères, dominées en nombre par celles de Côte d’Ivoire et du Congo Brazza, sont également présentes au rendez-vous. Des artistes musiciens congolais comme ceux venus de l’extérieur, sont également là pour partager la douleur de la famille Wemba.
            Dès la cérémonie officielle d’hommages se termine, le cortège funèbre prend la direction du quartier Matonge, plus précisément du « Village Molokaï », où le défunt avait début sa carrière, dans la parcelle familiale. Le corps y est resté pendant quelques heures pour permettre à ses nombreux fans de lui rendre leur dernier hommage. Puis, la dépouille a été retournée au Palais du peuple pour la suite des funérailles. Le mercredi 04 mai 2016, à 12 heures, est prévu le dernier voyage vers la Nécropole Terre et Ciel, pour l’inhumation. A cette occasion, l’oraison funèbre sera prononcée par le gouverneur de la ville de Kinshasa, André Kimbuta Yango.
Dom