Prière pour la paix : la pluie gâche la fête

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581170_ef8bb0a0426b4d7a8bb3f0cc90b7a13bDe nombreux  fidèles de plusieurs confessions religieuses ont répondu présents, le samedi 05 mars 2016, à l’appel de leurs chefs spirituels, en synergie avec la Société Civile,  à un culte œcuménique qui devait avoir lieu au stade des Martyrs en vue d’implorer la clémence céleste au sujet de la crise multiforme qui secoue le pays. Cette prière pour la paix devait marquer une nouvelle ère dans les relations entre Congolais face à la situation politique de l’heure.

Alors que les participants, après avoir pris part à de courtes marches organisées à travers les artères environnant ce temple de football, allaient suivre la prière de recueillement confiée à  Mgr Marini Bodho, président de l’Eglise du Christ au Congo, en guise d’ouverture de ladite cérémonie,  dame la pluie s’est invitée à la fête et a tout gâché. Cette pluie torrentielle, qui s’est abattue sur toute la ville de Kinshasa, a ainsi empêché la poursuite du programme du culte car les instruments de sonorisations étaient déconnectés et la bâche où s’étaient rassemblés un panel de ministres de Dieu, suintait de partout. En principe, le public installé dans les tribunes devait se trouvait à l’abri, car le stade est couvert, mais le vent était si fort qu’il amenait les gouttes partout. L’unique solution était de fuir et d’aller chercher refuge sous les colonnes extérieures des bétons.

Une matinée très ensoleillée

Pourtant, tout avait bien commencé avec une matinée très ensoleillée. Des foules composées de fidèles des églises kimbanguiste, orthodoxe, musulmanes, protestantes et de réveil ainsi que des affiliés de quelques composantes de la Société civile, convergeaient, au rythme des fanfares, vers le stade des Martyrs.

Rameaux, sifflets, cantiques, tambours étaient  au rendez-vous pour agrémenter la « Grand marche pour la paix ». Cette manifestation se voulait à la hauteur  des attentes de plusieurs serviteurs de Dieu et activistes de la Société civile, tous mus par la volonté d’éloigner, par la prière, le spectre de la violence et des troubles qui plane sur la RDC, eu égard aux fortes tensions politiques et sociales liées au blocage du processus électoral.

Aux  alentours de 12 heures, plusieurs chefs de confessions religieuses ont fait leur entrée  au stade des Martyrs, sous les acclamations du public, évalué à moins d’un tiers de sa capacité d’accueil. C’est Mgr Marini qui était à la tête de la délégation, habillé en soutane  rouge, tenant dans sa main droite un sceptre. Dans sa suite, il y avait les pasteurs Kankienza, autorité morale des églises de réveil,  Pascal Mukuna , représentant légal de l’ACK(Assemblée Chrétienne de Kinshasa), Denis Lessie de l’Eglise Arche de Noé, Ngalasi de l’Eglise la Louange…

Au moment  où ce panel montait sur le podium dressé en face de la tribune d’honneur  en vue de lancer la prière d’ouverture, le ciel s’est brusquement assombri. Et, sans crier gare, une forte pluie s’est annoncée pour tout gâcher.

Des fidèles de l’église Kimbanguiste ont tenté de braver la pluie  avec leur fanfare et des incantations mais c’était sans compter avec les vannes du ciel, largement ouvertes, et impossibles à arrêter. Sur les gradins, les autres fidèles, emballés par l’ambiance musicale, ont eux aussi entonné des cantiques pour calmer la « colère du ciel » mais sans succès. Au fil des minutes, la pluie ne faisait que redoubler d’intensité, arrosant complètement non seulement les fidèles rassemblés dans les gradins et tribunes, mais également  les serviteurs de Dieu installés sous la tente placée en face de la tribune d’honneur .

Une heure après, les leaders religieux ont finalement décidé d’organiser une cérémonie de sanctification autour du drapeau et de la carte géographique de la RDC. Ils ont ensuite adressé une prière de  la paix à Dieu concernant l’avenir du pays, sans la sonorisation.

De leur côté, les fidèles étaient contraints de se disperser suite à cette forte pluie  qui s’accompagnait d’un vent violent soufflant dans tous les sens. Comme si la météo avait pris la résolution de ne laisser aucun répit aux organisateurs de la prière pour la paix, il a continué de pleuvoir jusqu’à la tombée de la nuit.

« Pluie, symbole de bénédiction »

 Selon Mgr Dieudonné Mbaya, président provincial de l’ECC/Kasaï Oriental, le culte de samedi était convoqué afin de sanctifier  et de présenter la nation congolaise au Seigneur. « On voulait que Dieu purifie le Congo par rapport à tous les péchés commis… Il y a eu versement de sang dans tous les sens. Dieu nous a ajouté l’ingrédient de la pluie en signe de purification. Lors de la prière, au lieu de mouiller le drapeau avec un peu d’eau, Dieu est venu à notre secours en déversant une grande quantité d’eau qui a en réalité lavé le pays de tous ses péchés. L’essentiel a été fait et on attend que Dieu agisse », a-t-il conclu.

Perside Diawaku