2,3 milliards d’USD pour 14 millions de Congolais Vulnérables

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Pour la première fois depuis plus de deux décennies de crise humanitaire en RDC, les humanitaires ont élaboré un plan stratégique pour les trois prochaines années. Le ministre des Affaires Sociales, Solidarité et Actions Humanitaires, Paluku Kisaka Yereyere, a procédé, le vendredi 10 février 2017 au Salon Rouge du bâtiment du gouvernement dans la commune de Gombe, au lancement officiel de ce plan de la communauté humanitaire de la République Démocratique du Congo destiné à venir en aide à environ 14 millions de personnes en situation de crise dans le pays  entre 2017 et 2019. La cérémonie s’est déroulée en présence du Coordonnateur humanitaire a.i. en RDC, du Chef de bureau OCHA en RDC, des représentants du Comité des ONG et des donateurs, des représentants des agences du système des NU en RDC, des membres des corps diplomatiques, et de plusieurs autres invités.
 
            En effet, le Plan de Réponse Humanitaire (PRH) a pour objectif d’expliquer la stratégie des humanitaires face à l’urgence humanitaire qui affecte des millions des personnes, afin de répondre aux besoins d’environ 14 millions pendant ces trois années à venir. Et pour ce faire, la communauté humanitaire doit disposer d’un financement estimé à 2,3 milliards de dollars afin de relever ce défi.
 
1 congolais sur 13 a besoin de l’assistance humanitaire
 
            Le PRH indique que la RDC est frappée depuis plusieurs décennies par une crise aigüe et prolongée dont les principaux facteurs sont les conflits armés et les violences intercommunautaires, ainsi que le manque de développement  qui crée des vulnérabilités chroniques. Plus de 60% de la population a moins de 20 ans et n’a connu que des conflits et insécurités qui caractérisent certaines régions de la RDC depuis deux décennies. Plus de 1,9 million d’enfants de moins de 5ans sont gravement malnutris, la rougeole et le choléra devenant des problèmes récurrents de santé publique. Aujourd’hui, 1 Congolais sur 13, soit près de 8% de la population totale, a besoin de l’assistance humanitaire. Près de 60% des besoins sont liés à des problématiques de déplacement. Selon toujours les chiffres avancés par le PRH, en 2016, la violence et les conflits ont continué d’entrainer en moyenne le déplacement de plus de 2000 personnes par jour. Et depuis 2017, le contexte humanitaire s’est dégradé suite à la recrudescence des conflits intercommunautaires en RDC et la détérioration des situations politico-sécuritaires dans les pays voisins.
            Toujours pour cette année 2017, le PRH mentionne trois problématiques majeures à l’origine des besoins humanitaires auxquels doivent faire face au moins 7, 3 millions de personnes, dont quelques 6 millions seront confrontées à une vulnérabilité aiguë, causée par la perte d’accès aux biens et services de base, y compris pour les 2,2 millions de personnes déplacées et leurs communautés d’accueil. Environ 1,5 million de personnes seront confrontées à des problèmes liés aux conflits et à la violence et environ 6,7 millions de personnes à travers le pays seront menacées par des épidémies, la malnutrition aiguë et les urgences alimentaires.  
            Comme l’a indiqué Rein Paulsen, chef de bureau OCHA, dans sa présentation, ce plan pluriannuel à la fois opportun et novateur,  propose une nouvelle façon de travailler concrète, applicable aux contextes de crise prolongée, conformément aux engagements pris globalement lors du sommet humanitaire mondial. Il s’articule autour de trois stratégies multisectorielles dont les objectifs : l’amélioration immédiate des conditions de vie des personnes affectées, la protection de ces dernières, la diminution de leur surmortalité et surmorbidité et enfin la rapidité, l’efficacité et la redevabilité de l’assistance à leur endroit.
            Le PRH révèle notamment en terme de défi, que les besoins humanitaires en RDC n’ont jamais été aussi importants, et les perspectives d’amélioration plutôt faibles. Mais, à en croire Rein Paulsen, de nouvelles opportunités apparaissent tant au niveau national que mondial, qui poussent à encore mieux concilier les efforts et être plus efficients.
            Au regard de la détérioration de la situation humanitaire à plusieurs niveaux entre 2016 et 2019, il a insisté sur l’importance d’une mobilisation suffisante d’attention et de ressources de la part des humanitaires et des différents partenaires, en vue de répondre à de nouveaux défis et développer des nouvelles façons de travailler pour les relever.
Myriam Iragi