Transfert de Vano Kiboko de Makala à Ndolo : des ONG des droits de l’homme condamnent la procédure

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Le collectif des ONG des droits de l’homme a, au cours d’un point de presse tenu hier jeudi 28 janvier 2016 dans la commune de Ngiri-Ngiri, dénoncé avec la dernière énergie le transfert de Vano Kiboko, ancien parlementaire de la Majorité Présidentielle, actuellement en détention, de la Prison centrale de Makala à la Prison militaire de Ndolo.  Ces ONGDH estiment que ce transfert qui viole la procédure d’autant plus que ce notable est un civil et non un militaire,  intervient au moment où son dossier en appel suit son cours.

Selon Cole Adu, président de la Fondation Bill Clinton, on reproche à Vano Kiboko d’entretenir un « groupe subversif » dans son ancien lieu de détention à la Prison centrale de Makala, alors qu’il n’en est pas le cas.

A l’en croire, ce notable a créé au sein de la prison, une ONG à caractère humanitaire et spirituelle au nom de «  Vano Ministries », qui mènerait des actions sociales en faveur de prisonniers (visite des personnes incarcérées, dotation des télévisions dans tous les pavillons de la Prison centrale de Makala). « C’est grâce aux actions menées par cette ONG que plusieurs prisonniers ont renoncé à leurs anciennes pratiques et se sont convertis à Jésus Christ… », a-t-il laissé entendre, tout en signifiant qu’il y a également d’autres organisations qui œuvrent dans le même secteur.

Par ailleurs, le président de la Fondation Bill Clinton s’est dit inquiet des conditions dans lesquelles cet ex-député est incarcéré, alors qu’il est sérieusement malade. « Les raisons invoquées pour son transfert ne sont pas une réalité. Et personne n’ignore que les conditions carcérales à la Prison militaire de Ndolo ne sont pas bonnes. Les cas de violations de droits de l’homme sont nombreux… », a-t-il soutenu tout en demandant aux autorités de ramener Vano Kiboko dans son ancien lieu de détention d’autant plus que les infractions retenues à sa charge ne sont pas militaires.

            En conclusion, ce collectif des ONG des droits de l’homme a déploré l’impuissance et la manipulation des instances judicaires dans cette affaire.

            Profitant de cette occasion, ces ONG ont exigé la libération des prisonniers politiques tels que Diomi Ndongala, Jean-Claude Muyambo, Firmin Yangambi, Christopher Ngoy, Fred Bawuma, Yves Makwambala, etc.

            Il sied de noter que Vano Kiboko est condamné depuis le 29 décembre 2014, à trois ans de prison ferme pour incitation à la haine raciale, tribalisme et propagation de faux bruits.

Cet ancien  député national de la Majorité présidentielle et président de l’association  socio-culturelle « Lwanzo lwa Mikuba » avait été arrêté  par le Parquet général de la république après avoir été empêché la veille par la Direction générale des migrations (DGM) de voyager à l’extérieur du pays.

Ce  notable aurait fait une déclaration à travers certains médias de Lubumbashi dans laquelle il s’opposait à la révision de la constitution dans le but de permettre au président de la République, Joseph Kabila, de briguer un troisième mandat.

 Perside DIAWAKU