Misamu : tristesse et liesse hier à Kinshasa

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Marie-MisamuEmportée à l’âge de 42 ans, le samedi 16 janvier 2016,  des suites des problèmes cardiaques, la cantatrice Marie Misamu faisait le bonheur de nombreux discophiles qui se sentent comme « abandonnés » par leur idole. Jeudi 28 janvier 2016,  quelques fans de ladite star se  rendent   le matin  au Stade des Martyrs, d’autres plus nombreux prennent le chemin de la clinique Ngaliema.

Peu après 10 heures, le périmètre de l’établissement hospitalier cité ci-haut, est noir de monde. Une foule dense et compacte s’est déployée sur une large partie de l’avenue des Cliniques, faisant fi de la température caniculaire de la journée. Intraitables, les vigiles placés à la porte principale de la clinique laissent passer quelques « privilégiés ». En raison des dérapages observés ces derniers jours, les médias ne sont pas autorisés à accéder dans l’enceinte de la clinique Ngaliema, se contentant de prendre des images dehors ou  d’observer avec attention l’ambiance de tonnerre qui règne peu avant la levée du corps de l’auteure  de « Le mystère du voile » de la morgue de la clinique Ngaliema.

Des adolescentes apparemment plus nombreuses que des personnes d’autres catégories d’âge défient par moments les forces de l’ordre contraintes d’user parfois de la force pour maîtriser la foule. Electrisées, certaines demoiselles entonnent cet air : « Tokokende te, tokolala awa, baboma biso, Ya Marie ayoka ndlr Nous ne quitterons pas les lieux » D’autres encore reprennent  les extraits des chansons de leur icône. Ce spectacle ne laisse pas indifférents des dames dont quelques unes laissent couler des larmes.  Des  inciviques profitent de cette ambiance  pour délester les gens de leurs appareils portables.

Décriés pour leur manie de se donner en spectacle chaque fois qu’ils en ont l’occasion,   Esobe, Sai Sai, JB Mpiana, Caleb, …  arrivent à tour de rôle à la clinique vers 11 heures.  Une  délégation venue d’Angola  se signale  également à la clinique, suscitant la curiosité du public.

Et quand des sociétaires du groupe Misamu sortent du véhicule où ils ont pris place, des demoiselles émues, lâchent : «Ah, Ya Marie».

Il est 11h50. Une jeep bondée des policiers quitte la clinique en trombe et passe devant la foule, suivie quelques secondes plus tard  du véhicule ayant à son bord la dépouille mortelle de Marie Misamu. Elle  s’engage sur l’avenue des Cliniques, avec  comme point de chute le Stade des Martyrs « STM ».  Absent à  Ngaliema, le ministre de la Culture Banza Mukalay est allé se recueillir devant la dépouille mortelle de Misamu au niveau de la place des artistes à Matonge.

Ferveur

L’ambiance est  électrisée dans les bus Transco pris en location par l’Association des Musiciens Chrétiens du Congo « AMCC » pour transporter les gens au STM.   Moins nombreuse en début d’après-midi, la foule s’agglutine  dans les tentes dressées dans l’esplanade de ce temple de football. Dans l’une d’elles, est placée la dépouille mortelle de la disparue. Vêtus en noir, les Misamu sont au premier rang.  Un cordon sécuritaire est mis en place pour empêcher les gens de s’approcher de près de la tente « principale ». Les éléments de police présents à l’esplanade chargent parfois violemment la foule pour la contraindre de se tenir à distance respectable. Entre temps des chansons de Marie Misamu qui sortent des enceintes acoustiques de l’esplanade, sont reprises en chœur par le public.                             Jean-Pierre Nkutu