Biographie de feu Me Gérard Kamanda Wa Kamanda

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kamandaDans la nuit du 20 au 21 janvier 2016, Me Gérard Kamanda Wa Kamanda a quitté la terre des hommes. Il était hospitalisé dans une institution hospitalière privée au centre ville de Kinshasa. Il avait des problèmes de santé depuis quelques temps.

Qui est Me  Gérard Kamanda Wa Kamanda ?

Dans le cadre de ma collecte des données pour la série de mes publications « Congobiographies » dont certaines sont prévues pour le mois de mars 2015 sur les députés congolais, j’ai eu l’honneur de rencontrer Me Gérard Kamanda Wa Kamanda et d’avoir des séances de travail avec lui. Lors de ces séances de travail, il m’avait livré son long CV. Le voici.

Que peut-on retenir de Gérard Kamanda ?

Né le  10 décembre 1942 à  Kikwit, en République Démocratique du Congo, Maître Gérard Kamanda est un personnage public congolais de haut rang , juriste de formation et diplomate. Candidat Président de la République non élu lors des élections de 2006.

Parmi les dernières prises de position politique  publique de ce dernier au début du mois de juin en 2015 , l’opinion peut retenir qu’il était opposé au dialogue proposé par le Gouvernement et soutenait plutôt, dans le cas où devait se tenir ledit dialogue , que les Nations Unies en assurent l’arbitrage . Ainsi, déclarait-il sur les ondes de Radio Okapi : « En effet, tout donne à penser que le but non avoué de ce dialogue serait le glissement après 2016, à travers une éventuelle …Transition ! Et nous y sommes opposés! Nous travaillons pour que, si dialogue il y a, ce soit sous l’égide des Nations Unies et uniquement : pour prioriser l’Élection présidentielle, législatives, sénatoriale et provinciale , pour suspendre l’installation des 26 « provincettes », d’abord pour se conformer à la Constitution, ensuite pour faire la politique de ses moyens, étant donné que le Gouvernement n’a pas les moyens financiers d’organiser 7 scrutins en un an et quelques mois, et enfin pour organiser un audit du fichier électoral qui présente moult anomalies. Si le consensus se dégage dans ce sens, nous pourrons aller au dialogue, autrement il ne s’agirait que d’un marché de dupes ». fin de citation.

Avocat à la Cour d’Appel de Kinshasa (ex-Léopoldville), Membre de l’Ordre National des Avocats – depuis 1965 , Avocat à la Cour Suprême de Justice (Membre du Barreau près la Cour Suprême de Justice; Ancien Doyen du Conseil National de l’Ordre) – 1987.

Plusieurs fonctions publiques à son actif

Ministre de la Recherche Scientifique et Technologique (2003-2005), Vice-Premier Ministre, Ministre des Affaires Étrangères et de la Coopération Internationale (1996-1997). Quand la guerre éclate à l’Est du Zaïre et que le Rwanda et l’Ouganda déclenchent la « rébellion » de l’AFDL, il se voit confier la charge de conduire la délégation officielle aux négociations avec les dirigeants de cette « Alliance », sur la base de la Résolution 1097 (1997) du Conseil de Sécurité de l’ONU, sous la co- présidence du Président Nelson MANDELA et de M. Mohamed SAHNOUN, Envoyé Spécial Conjoint des Secrétaires Généraux de l’ONU et de l’OUA. Vice-Premier Ministre, Ministre des Affaires Étrangères et de la Coopération Internationale (1995). A la suite d’un désaccord avec le Président MOBUTU sur la gestion de l’affaire des réfugiés rwandais, il quitte les Affaires Étrangères pour le Ministère de l’Intérieur. Vice-Premier Ministre, Ministre de l’Intérieur. (1995-1996),Vice-Premier Ministre, Ministre de la Justice, Garde des Sceaux (1994-1995). Quand intervient l’exode massif des réfugiés rwandais au Zaïre, le Gouvernement lui confie la gestion du dossier.   De 1994 à 1995, il négocie avec le Rwanda, sous les auspices du Haut-Commissaire des Nations Unies pour les Réfugiés, Madame SADAKO OGATA. Président de la Commission des Affaires Étrangères du Parlement et Membre du Haut Conseil de la République, Parlement de Transition (1992-1994). Porte-Parole et Membre du Bureau Exécutif de l’Union Sacrée de l’Opposition (1991- 1992), dans le contexte de la lutte pour la démocratisation et la tenue de la Conférence Nationale Souveraine (C.N.S).

Vice-Président et, ensuite, Président de la Commission Constitutionnelle de la Conférence Nationale Souveraine. Président du Conseil Judiciaire (Attorney Général), 1990. 1er Secrétaire Général du Parti Unique (1986-1989) , Ministre de la Justice, Garde des Sceaux (1984-1985). Ministre des Affaires Étrangères et de la Coopération Internationale (1983-1984). Secrétaire Général à la Présidence de la République (1966). Conseiller Principal chargé de Questions Juridiques, Politiques et Diplomatiques au Cabinet du Chef de l’État. Conseiller Juridique et Diplomatique au Cabinet du Chef de l’État.

Fonctions publiques internationales et diplomatiques

Il a été : Directeur de Cabinet du Secrétaire Général de l’Organisation de l’Unité Africaine (O.U.A.), DIALLO TELLI, à Addis-Abeba (Nov. 1967- Juin 1972) , Secrétaire Général Adjoint élu de l’OUA (Juillet 1972-Juillet 1978, Contribue à la création de l’Organisation de l’Unité Syndicale africaine…et du Comité anti-apartheid de l’OUA, chargé de mobiliser les travailleurs africains à la lutte contre l’apartheid, Ambassadeur Extraordinaire et Plénipotentiaire de la République Démocratique du Congo, auprès de l’Office Européen, des Nations Unies et des Institutions Spécialisées à Genève (août 1978-août 1979) :

Travaille sur la Coopération avec l’UICN sur le projet de Charte Mondiale de la Nature.

Ambassadeur Extraordinaire et Plénipotentiaire de la République Démocratique du Congo (ex-Zaïre) :

Il est Représentant Permanent auprès des Nations Unies à New York. (Sept, 1979-Jan.l983) , il fait adopter par l’Assemblée Générale de l’ONU, à une très forte majorité, la charte Mondiale de la Nature, premier Code de conduite à l’échelle planétaire, pour la protection de la nature et la sauvegarde des écosystèmes, afin de prévenir les atteintes graves à la qualité de vie sur terre. Fait entrer, pour la première fois, son pays (ex-Zaïre, aujourd’hui RDC) au Conseil de Sécurité de l’ONU dont il assure la présidence, notamment, pendant la guerre des Malouines entre l’Argentine et la Grande-Bretagne, en 1981. Est élu Vice-président du Conseil Économique et Social de l’ONU. Fait partie du Comité de négociation du G.77 Cfr. Dialogue Nord-Sud organisé dans le cadre de l’ONU. Assure la Présidence du Groupe des États ayant le français en partage à l’ONU. Est élu membre du Groupe d’Experts de l’ONU chargés d’élaborer les mesures propres à bâtir la confiance dans les relations internationales (Confidence Building Measures) etc.

Durant sa période d’exil

Devant les attaques et les menaces des nouveaux maîtres du pays, en 1997, Me Gérard KAMANDA wa KAMANDA s’installe en France, où il obtient le Statut d’exilé politique (de 1997 à 2003), jusqu’aux Négociations Politiques Inter-Congolaises de Sun City et Pretoria, en Afrique du Sud. II y participe en qualité de Chef de Délégation de l’Opposition extérieure (France), au titre de Président du FCN et de la Coalition de l’Alternative Démocratique (CAD).

Formation et études :

BAC : Jury Central à l’Athénée Royal de Léopoldville (1959), au terme de ses études secondaires gréco-latines, chez les Pères Jésuites, au collège St. Ignace de KINIATI, d’abord, et au Collège Notre Dame de MBANZA-BOMA, ensuite. Diplôme de Philosophie & Lettres (Candidature) : Université LOVANIUM, Licence en Droit : Faculté de Droit et de Philosophie & Lettres de l’Université LOVANIUM 1964, Stage de formation auprès de « Brookings Institute », Washington D.C., en « Public Administration & Public Law », sous l’égide de l’USAID. o N.B. : II est Docteur Honoris Causa de l’Université d’État de Port au Prince, Haïti (1990).

De ses publications on peut retenir  : «Le Défi Africain », sous-titré « Une Puissance Économique qui s’ignore », Ed, ABC, Paris, 1976, « L’enracinement », sous-titré « Culture et Progrès », Ed. Marrler d’Unie ville, Île Maurice, Océan indien. Sous ie patronage de l’Institut Mahatma Gandhi. Communications, Études et Articles divers sur des thèmes variés.

Des distinctions-décorations : Ordre du Mérite civique (Médaille d’argent) . Commandeur de l’Ordre national du Léopard . Commandeur de l’Ordre de la Pléiade, Ordre de la Francophonie/ AIPLF. 1981 Chevalier de la Légion d’Honneur – France – 1990

Autre chose à retenir : Il a été Président de l’Institut des peuples Noirs, Ouagadougou – 1985, Membre de l’Association Mondiale des Juristes, WJA. « PAX ORBIS EX JURE » et de l’Association Mondiale des Avocats, WAL.  Vice-Président de la Section Congolaise de la Société Africaine de Culture, SAC.

Les rencontres  Franck Kitenge (journaliste et biographe) avec Me Gérard Kamanda wa Kamandas

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