La police ouvre le feu : un «kuluna» abattu

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police judiciareLa semaine passée, l’insécurité a retrouvé ses droits de cité au quartier Kimbangu sur les rivages de la rivière Kalamu. C’est à cet endroit que les Kuluna ont établi leur « quartier général opérationnel ». Un lieu privilégié où les paisibles passants sont continuellement détroussés.

Le jeudi 7 janvier 2016, à l’aube, ce sont des cris de détresse, des pleurs et des menaces réitérées qui ont réveillé les résidents. Et les écoliers, les travailleurs, ainsi que les commerçantes en route pour les arrêts de bus, ont au détour d’une avenue du quartier Kimbangu, commune de Kalamu, été accueillis par une pluie des projectiles composés essentiellement des pierres et des tessons de bouteilles. Ils étaient entrés de plain pied sans le savoir dans un véritable champ de bataille. Deux écuries de marginaux, l’une provenant de Yolo-Nord, et l’autre basée à Kimbangu, qui se détestent à mort, se livraient la guerre. Une guerre dans laquelle chaque bande des marginaux entendait  asseoir son hégémonie dans le secteur. Malheur aux piétons atteints par ces projectiles. Ils s’en sortiront avec des blessures.

La journée a très mal commencé pour les uns, la journée présageait d’un malheur pour les autres. Ces sérieux pronostics sur l’évolution des incidents vont se confirmer des heures plus tard. Car, s’étant réfugiés dans les parcelles environnantes, les quelques habitants se rendant au service ou dans les marchés, ont ainsi eu la vie sauve.

            Une bonne trentaine des minutes se sont écoulées. Aucune écurie n’entendait battre en retraite, de peur d’accuser ses faiblesses et d’afficher sa défaite. Trois éléments du commissariat urbain de Kalamu en tenue et de passage dans les environs, seront alertés par plusieurs personnes. Face à cette interpellation, ils ont dévié leur itinéraire pour se diriger sur le lieu, afin de s’enquérir de ces incidents.

            Entre la 1ère et la 7ème rue, le secteur vibrait sous ces échauffourées entre  délinquants. Accueillis eux aussi par un déluge des projectiles, ils ont vite gardé une distance de sécurité et effectué quelques tirs en l’air. C’était comme l’huile déversée sur le feu. Nullement inquiétés, les kuluna avançaient dangereusement vers les policiers en leur lançant des pierres et des tessons de bouteilles. Les éléments du Commissariat urbain de Kalamu pris en étau entre deux feux, réagiront brutalement en voyant les Kuluna leur tenir tête.

            C’est dans ces circonstances qu’un des policiers a tiré sur l’un des délinquants pour le freiner dans son élan. La balle a mortellement atteint le kuluna qui est tombé et en est mort. Et ce fut la débandade des autres  marginaux dans tous les sens.

Une heure plus tard, les services d’enquête du District de la Funa effectuaient une descente sur le théâtre des opérations subitement gagné par l’accalmie, pour procéder aux investigations. Ils ne trouveront sur place, qu’un corps inanimé, baignant dans son sang. C’était un délinquant dépourvu de pièce d’identité qui ne sera pas identifié, surtout que ses comparses s’étaient évanouis dans la nature, craignant d’être appréhendés par les policiers.

            Hier encore, bien que la tension ait baissé de plusieurs crans dans ce quartier devenu fantôme aux heures indues de la nuit, les habitants vivent toujours dans une peur panique. Car, pour eux, aucune patrouille pédestre de la police ne se hasarde plus sur les rivages de la rivière Kalamu.

J.R.T.