20 Africains à Séoul : Saemaul Undong ou la révolution agricole en Corée du Sud

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En 1961 le Congolais de Kinshasa affichait un PNB ( Produit National Brut-) de 197 dollars américains contre  91 dollars Us au Sud-Coréen, plus du double. 55 ans après, le Congolais patauge dans les 650 Usd ( Cfr IDH/PNUD 2014) contre 26.205 Usd au Sud-Coréen. Ce dernier a vu son standing multiplié par plus de 200 fois. Ce paradoxe est révélateur d’une dure et triste réalité: la RDC a terriblement reculé alors que la Corée du Sud a réalisé un bon extraordinaire dans la voie du développement. Vingt africains, dont 6 Ivoriens, 7 Burundais et 7
Congolais, actuellement en formation accélerée au Centre de Formation Saemaul Undong, dans la cité de Seongnam, dans la péripherie de Séoul sont en train de tater du doigt le miracle économique, industriel, agricole et social de ce pays du Sud-Est asiatique, ancienne colonie japonaise de 1910 a 1945, éclatée en deux en 1948 à la suite de son invasion par son voisin du Nord et complètement détruite après trois années de guerre civile ( 1950 – 1953).

Il y a 55 ans, la Corée du Sud était comptée parmi les pays les plus pauvres de la planète, dont la moitié du budget national était supporté par les USA, puissance qui avait occupé la partie sud à la fin de la seconde guerre mondiale, laissant le Nord à la Russie. En 1961, il y eut le coup d’Etat du général Sun Park. Bien que dictateur,
il conçut des plans quinquennaux qui se traduirent par l’industrialisation fulgurante de la Corée du Sud, la stabilisation de l’économie nationale, la construction et la modernisation des infrastructures, la formation d’une fine élite intellectuelle, etc.

Alors qu’il pensait que la majorite de Coréens vivaient décemment, il fut brutalement rappelé à l’ordre par les inondations de 1969 dans la province de Kyungbuk. Il fit le constat selon lequel le progrès économique et social en gestation n’avait pas atteint les milieux ruraux. Il se rendit compte d’un fait inattendu: l’autoprise en charge
des populations sinistrées.

Au regard de la solidarité agissante que les paysans manifestaient pour la reconstruction de leurs cases, de leurs écoles, de leurs routes, de leurs ponts de fortune, le concept « Saemaul Undong» (mouvement pour nouveaux villages) germa dans sa tête. Et c’était pour une nouvelle philosophie de vie, fondée sur la résolution, par les paysans eux mêmes, de leurs problemes de nourriture par la culture collective des champs, d’hygiène par l’assainissement du milieu, de désenclavement de leurs contrées. Lancé en 1970, la politique de développement des milieux ruraux par les paysans eux mêmes faisait tâche d’huile aux quatre coins du pays. En une décennie, l’autosuffisance alimentaire était atteinte, les cases remplacées par des maisons en matériaux durables, l’environnememt assaini (toilettes), des ponts modernes construits, des routes asphaltées
grâce aux efforts propres des villageois.

Depuis lors, le gouvernememt se limite à les accompagner à travers des appuis divers (ciments, barres de fer, tôles, agronomes, architectes, médecins, etc).

Au vu des résultats flatteurs du Saemaul Undong, les Sud Coréens voudraient partager ce concept avec les peuples d’Amérique Latine, d’Afrique et d’Asie encore frappés par la pauvreté et toujours tentés de tendre la main vers l’Occident. Pour leur permettre de s’imprégner de ce concept que 6 Ivoiriens, 7 Burundais et 7 Congolais se trouvent dans la péripherie de Séoul. La cérémonie d’ouverture de cet atelier de deux semaines a eu lieu le mardi 7 juin 2016 au Centre de Formation Saemaul Undong, en presence de l’Ambassadeur de «Côte d’Ivoire
Sylvestre Kouassi Bile, qui a représenté aussi son collègue de la RDC empêche et celui du Burundi résidant à Tokyo.

A cette occassion, le président du Centre, So Ji Kwang a recommandé
aux participants de bien assimiler les principes directeurs du Saemaul
Undong, afin de servir de points focaux dans leurs pays respectifs, où
se trouvent déjà des projets agricoles assistés par la KOICA, Agence
coréenne de cooperation internationale. L’ambassadeur de Côte d’Ivoire
a livré le même message. Son voeu est que les villages modèles se
multiplient en Afrique pour éradiquer la pauvreté.

Signalons que des projets Saemaul Undong sont déjà en expérimentation
en RDC, notammemt à CECOMAF ( Kimbanseke),  chez des maraîchers de
Tsuenge dans la commune de Masina, non loin de l’aéroport de Ndjili,
au village Kitshini au plateau des Bateke ainsi qu’à Kasangulu et
Madimba, au Kongo Central, avec l’accompgnement du ministère de
l’Agriculture.

Jacues Kimpozo Mayala, envoyé spécial à Séoul