19 ans après, les chrétiens du Kivu rendent hommage à Mgr  Munzihirwa

0
423
Mgr Munzihirwa 29  octobre 1996-29 octobre 2015 : dix neuf ans, jour pour jour que disparaissait Monseigneur Christophe Munzihirwa, Evêque de Bukavu et archevêque du Kivu assassiné par les forces du mal à Nyawera dans la ville de Bukavu. A cette occasion, une messe  de suffrages et d’action de grâces  a été célébrée hier dimanche 1er novembre 2015 à  la paroisse Sacré Coeur de la Gombe, par la fraternité  portant le nom de cet illustre pasteur  connu pour sa quête de la justice, afin d’honorer non seulement sa mémoire, mai aussi les mémoires de messeigneurs Emmanuel  Kataliko et Charles Mbogha, tous assassinés dans les mêmes circonstances pour leur engagement en faveur de la paix dans cette  ancienne  province du Kivu, encore sous la menace des groupes armés de tous bords.
S’inspirant de l’évangile de Matthieu 5-1-12  sur les béatitudes,  considérées par beaucoup comme la charte du chrétien, l’officiant du jour a appelé les filles et fils du Kivu mais surtout les chrétiens  de  s’inspirer  de la vie de ces prélats qui ont prêché par l’exemple et qui ont vécu dans la simplicité et proches de leurs brebis.
            Car, à la lumière de l’évangile du jour qui rappelle que tous les hommes sont appelés à la sainteté, ces trois pasteurs  qui ont témoigné Christ de leur vivant sont un modèle de l’engagement chrétien en faveur de son prochain.   De ce fait, la sainteté n’est pas le seul fait d’une certaine classe mais de tout le monde.
            Parlant particulièrement de Monseigneur   Christophe Munzihirwa,  dont le procès  en voie de béatification est engagé, celui-ci, au  plus fort de la guerre qui avait  embrassé le pays    pendant les années 90, s’est montré très courageux au péril de sa vie par ses nombreuses prises de positions et interpellations tant à l’endroit des autorités du pays de l’époque qu’envers la communauté internationale.
            Au plus fort de cette crise dont les conséquences demeurent encore vivaces, Monseigneur Munzuihirwa avait refusé de se taire dans son confort de prince de l’église  face au drame humain que vivaient ses ouailles. Et malgré cette situation dramatique, il avait toujours prêché la paix entre toutes les ethnies que compte  cette région. Pour preuve, il n’avait pas hésité à proposer une feuille de route sur la paix dans la région des Grands Lacs suite à l’afflux  de nombreux réfugiés  dans la détresse. Bref, ce pasteur qui combattait l’oppression, les violations des droits de l’homme sous toutes leurs formes et le respect de la vie humaine a parlé haut et fort comme porte-voix des sans -voix et ne voulait pas se taire sur les conditions humaines.
            Dans sa vie de tous les jours, selon de nombreux témoignages livrés à cette occasion, cet homme simple et modeste avait horreur  du protocole et avait toujours vécu comme un serviteur, martyr de la paix et de la vérité.  
VAN