15 ans après le crash : Type K, les victimes du crash oubliées

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Le carnage humain qui s’est produit le 8 janvier 1996 au marché Type K de Kinshasa à la suite du crash d’un Antonov 32 de la Compagnie Air Excellence, affreteuse d’un avion de Scibe Airlift est encore vivace dans la mémoire de la plupart des Kinois. Les victimes directes ou indirectes de cet accident continuent d’en souffrir et de pleurer, voici déjà quinze ans. Les sinistrés de cette catastrophe aérienne, la plus grande qu’a connue le pays, sont aujourd’hui enregistrés dans plusieurs catégories. Certains sont handicapés à vie, d’autres des orphelins, des veuves, des veufs, des parents qui ont perdu des enfants, etc. Ces gens ont vu, en un instant, leurs vies basculer et vivent aujourd’hui avec un traumatisme psychologique indélébile, sur fond d’une misère affreuse consécutive à cette tragédie. Ils attendent toujours leur indemnisation.

Dans un entretien avec Le Phare à l’occasion de 15 ans de cet événement, Agnèce Kiangala Suami, trésorière de l’Association des Victimes de Type K(AVTK), a indiqué que, faute des moyens, les victimes et leurs proches, ont opté pour la commémoration dans la méditation. Rappelant que ce carnage sans précédent avait fait près de 500 victimes dans la capitale, maman Kiangala a souligné que jusqu’à ce jour la décision d’indemnisation ne connait le moindre début d’exécution. « Y parvenir, pourra permettre de sauver la vie de ceux qui sont restés encore malades et sans assistance » a-t-elle clamé. Avant d’ajouter que ce dossier a été tranché en 2004, par la suite, déposé au bureau de l’Assemblée nationale en 2007. Jusqu’aujourd’hui, aucun résultat. « Nous demandons aux autorités, en date d’aujourd’hui, que nous soyions indemnisés d’abord, ensuite, que l’Etat puisse s’occuper de certains d’entre nous qui sont devenus handicapés. »
    Pour rappel, quelques instants seulement après cet horrible drame, l’insuffisance et la carence des ambulances ou autres véhicules de transport pour malades avaient obligé les secouristes d’user des moyens de bord (minibus, pousse-pousse, dos d’hommes, etc.) pour acheminer les blessés et les morts vers les hôpitaux.
    L’appareil ayant occasionné cet affreux accident était de type Antonov 32 immatriculé 26.222 et était affrété par la société Air Excellence partenaire Scibe Airlift. Il appartenait au feu Sénateur Bemba Saolona. Ces types d’avions faisaient 3 ou 4 rotations par jour pour des trafics illicites.

Tshieke Bukasa

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