135 ONG appellent le gouvernement au respect du droit de manifester pacifiquement en RDC

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Société CivileLa coalition de 135 ONG qui travaillent pour le respect des droits humains en République Démocratique du Congo appelle les autorités congolaises à prendre des mesures urgentes pour que le droit de manifester pacifiquement et d’exprimer des points de vue non-violents soit respecté sans discrimination fondée sur l’appartenance politique.

Dans un communiqué de presse rendu public hier, ces ONG indiquent qu’il y a un nombre croissant des cas d’interdiction systématique pris par des autorités administratives contre des manifestations pacifiques ou de réunions politiques de l’opposition ou des organisations de la société civile qui veulent défendre la constitution ou les lois de la République, alors que celles organisées par le parti au pouvoir ou ses alliés se déroulent sans obstruction.

            La coalition s’inquiète aussi de la répression brutale perpétrée par les agents de la Police Nationale Congolaise, la Garde Républicaine et l’armée congolaise, des manifestations de l’opposition et des organisations de la société civile. Depuis janvier 2015, les autorités politiques, policières et judiciaires tentent de maintenir la population dans la peur, en interdisant des manifestations ou réunions publiques, en réprimant avec brutalité et arrêtant arbitrairement des participants qu’elles qualifient à tort de « fauteurs de troubles», quelle que soit la nature de leurs revendications. Dans le même communiqué, ces ONG rappellent qu’à Goma, lors d’une manifestation publique organisée le 28 novembre 2015 par des jeunes militants non violents pour attirer l’attention des autorités sur les massacres qui se commettent à Beni, la police les avait dispersés à coup des gaz lacrymogènes et en tirant à balles réelles en l’air. Le bilan de cette lourde intervention avait fait état d’une personne blessée et de douze autres arrêtées. Neuf personnes, dont deux militants de la Lutte pour le changement (LUCHA), sont détenues à la prison de Goma et font face à des accusations de provocation à la désobéissance publique.

            C’est pour cette raison qu’elles recommandent au Gouvernement de veiller à la protection des droits et libertés fondamentaux des citoyens sans discrimination. Il est demandé aux instances judiciaires de jouer leur rôle de protectrices des droits des citoyens et ne pas servir d’instrument de répression. Quant à la Communauté internationale, elle est invitée à imposer des sanctions ciblées contre les auteurs des violations des droits de l’homme, notamment le gel des avoirs ou l’interdiction de voyager. Aux jeunes congolais et groupes sociaux, il est demandé d’exercer la liberté de manifester sans violence, ni atteinte aux biens publics et privés d’une part  et refuser tout enrôlement des jeunes-sportifs par des partis politiques en vue de disperser violemment des manifestations des autres groupes politiques ou sociaux.

            Le 18 janvier 2016, en pleine ville de Lubumbashi, des policiers et militaires lourdement armés avaient pris d’assaut la place de la Poste en vue d’empêcher le rassemblement des membres du G7, un regroupement de partis politiques de l’opposition. Ces derniers avaient décidé de prier pendant deux minutes en faveur de la paix en RD Congo en réponse à la campagne lancée par un ancien gouverneur passé à l’opposition. A Kinshasa, le 19 janvier 2016, plusieurs réunions et cérémonies avaient été interdites et un grand nombre d’organisateurs interpellés ou intimidés par les policiers. Les conférences-débats sur l’alternance démocratique qui devaient se tenir dans les églises ou salles dans chaque commune de Kinshasa pour commémorer les victimes tuées ou blessées lors de manifestations de la semaine du 19 janvier 2015 organisées contre la révision de la loi électorale, avaient été torpillées par les forces de sécurité. La justice est, dans plusieurs cas, mise à contribution comme instrument de répression, rappelle le même communiqué.

Murka