13 pays d’Afrique contre une enquête internationale au Kasaï !

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C’est toujours le statu quo à Genève, où se tient depuis mardi la session du Conseil des Droits de l’Homme des Nations Unies, avec comme sujet principal au menu : l’ouverture ou non d’une enquête internationale sur les violences enregistrées au Kasaï depuis août
2016. En effet, après l’intervention musclée du Haut Commissaire aux Droits de l’Homme, le prince Zeid, exigeant l’envoi d’urgence d’enquêteurs indépendants dans cette partie de la République Démocratique du Congo, en raison de la gravité des atrocités documentées jusque-là et de l’entrée en scène d’une milice pro-gouvernementale qu’il a appelée « Bana Mura », et la réplique de la ministre congolaise des Droits Humains, Marie-Ange Mushobekwa, qui a donné lecture d’un « Livre Blanc » publié le même jour par le gouvernement congolais et consacré à cette tragédie, deux blocs diamétralement opposés se sont clairement dessinés.

Il s’agit d’une part du bloc occidental, totalement acquis à la thèse
d’une enquête internationale, et, d’autre part, du banc africain,
foncièrement opposé à pareille démarche.
Hier mercredi 21 juin,  treize pays d’Afrique ont clairement exprimé
leur refus d’une enquête internationale au Kasaï. Il s’agit de : 1.
Botswana ; 2. Burundi ; 3. Congo/Brazzaville ; 4.Côte d’Ivoire ; 5.
Egypte ; 6. Kenya ; 7. Ethiopie ; 8. Nigeria ; 9. Rwanda ; 10. Tunisie
; 11. Togo ; 12. Ghana ; 13. Afrique du Sud.
A ce sujet, le représentant du Togo par exemple, Ousmane Afo Salifou,
a fait valoir le principe du respect de la souveraineté des Etats, un
argument que brandit machinalement le gouvernement de Kinshasa, depuis
que les Nations Unies, l’Union Européenne, les USA, la France, la
Belgique ainsi que plusieurs Ong tant nationales qu’internationales
soutiennent l’idée de la conduite d’investigations neutres au Kasaï.
Le bloc Afrique ne s’est pas privé de saluer les efforts déployés par
les autorités congolaises pour non seulement ramener une paix durable
dans l’espace kasaïen mais aussi tirer le dossier au clair à travers
des enquêtes déjà menées par la justice militaire et des procès cours
d’instruction.
Les « Africains » ont par ailleurs totalement souscrit à la
proposition de Kinshasa de voir la communauté internationale
l’accompagner dans des enquêtes additionnelles, en vue d’enrichir les
dossiers judiciaires déjà ouverts ou à ouvrir, en vue d’engager des
poursuites judiciaires contre les vrais commanditaires et coupables
des massacres et autres violations des droits humains.
En l’état actuel de la situation à Genève, le vote d’une Résolution
devant formaliser l’ouverture d’une enquête internationale en RDCongo
parait des plus incertains. Et si les 47 pays participants passaient
effectivement aux « urnes » d’ici la fin de la semaine, une victoire
du bloc occidental risque de ne pas produire les effets attendus sur
le terrain, la RDC ayant déjà «verrouiller» ses frontières contre
toute ingérence extérieure. .
Kimp

1 COMMENT

  1. Ce sont ces pays que She Okitundu et Kikaya Bin ont visité avec les messages de demande des soutiens de Kabila. Mais ils se trompent. Même Kadhafi avait des relations avec ses amis africains mais quand la décision de le chasser était prise, ses amis africains n’avaient rien dit et fait.

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