Samedi à l’aéroport de Ndjili : la dépouille d’Emeneya accueillie par le vice-gouverneur Bafiba

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kester-deuilSamedi 1er mars 2014, l’aéroport de Ndjili connaît une ambiance particulière. Tôt dans la matinée,  les bus Transco loués par des admirateurs de King Kester Emeneya déversent des jeunes- gens  venus vivre en live les différentes étapes des obsèques de leur idole. On ne se bouscule pas encore du côté du tarmac.  Des proches de King Kester, entre autres Titi Levallois, «  Des As des Affaires » reviennent sur les derniers jours d’Emeneya et la mobilisation faite en France par les Congolais de la diaspora pour honorer leur compatriote. Il est près de 7 heures quand l’avion d’Air France débarque à l’aéroport de Ndjili.  Agents aéroportuaires, policiers et autres personnes commises à ce site sont passablement anxieux. Vêtus de noir, Djuna Mumbafu, Antonio Sampaio, Sai Sai… présents sur les lieux laissent éclater leur peine. Des dames, incapables de se retenir, éclatent en sanglots.

 Peu avant 7 heures 30, le cercueil dans lequel repose à jamais Kester est placé dans un petit véhicule et va  se diriger  vers les officiels commis à « accueillir » la dépouille mortelle de l’illustre disparu.  Un homme assis aux côtés du chauffeur  tient un portrait du défunt.  Les vigiles de « Likonzi Protège » sont là pour la circonstance.  Clément Bafiba, vice-gouverneur de la ville de Kinshasa, Jean- Pierre Lihau, directeur de cabinet adjoint du président de l’Assemblée Nationale sont au premier rang. Godart Motemona, Ange Marie Lukiana, les enfants du défunt…. complètent la file. Le petit véhicule roule pendant quelques minutes.  Le cercueil est  placé ensuite dans un  véhicule de  pompes funèbres de la société Nécropole.

 Absences inexpliquées

Chose curieuse, aucune star de renom, de la vieille génération ou même de  nouvelle génération,  d’aujourd’hui,  n’est présente à l’aéroport de Ndjili. Et pourtant, elles étaient là lors des obsèques de Tabu Ley. Est-ce un problème d’horaire  ou de protocole ?  Difficile de donner une réponse à cette question.

Les proches d’Emeneya présents à l’aéroport de  Ndjili déplorent cette attitude qui n’honore pas  la corporation musicale.

Le  convoi funèbre s’engage  ensuite  sur le boulevard Lumumba. Les officiels, membres de famille,  journalistes….en partance au Centre ville  n’en croient pas leurs yeux. Des  banderoles en mémoire d’Emeneya sont déployées à chaque coin de rue.

Une véritable marée humaine envahit cette   artère. On voit  de mamans pleurer ou encore  agiter des pagnes.

Il est 9 heures 30 passées de quelques minutes quand le convoi funèbre atteint la Place des Artistes à Matonge, couverte aussi des banderoles. Une foule immense, surveillée de près par les forces de l’ordre, attend impatiemment l’arrivée du corps de l’ancien sociétaire de Viva la Musica.

Le  ministre de la Culture, Arts, Jeunesse, Sports,  Baudouin Banza et le secrétaire général aux Sports, Barthelemy Okito  précèdent le cortège officiel dans ce site. C’est au ministre Banza qu’échoit d’ailleurs la tâche de déposer la plaque d’Emeneya sur cette stèle réservée aux créateurs des œuvres de l’esprit.

 Ferveur populaire

Des  officiels  sont présents au Palais du Peuple : Le Premier Ministre honoraire Muzito, le Président de l’Assemblée Nationale Aubin Minaku, le gouverneur de la ville   de Kinshasa André Kimbuta, son collègue de Bandundu Jean Kamisendu …. Tout ce beau monde accueillie  la dépouille d’Emeneya dans la cour de l’hémicycle de Lingwala. Cet exercice terminé, ces opérateurs politiques  vont se recueillir devant le cercueil placé  dans une tente dressée quelque peu en diagonale de celle réservée aux officiels. La veuve et des  enfants du défunt venus en Europe prennent place à côté du cercueil.

            Députés nationaux et provinciaux (de Kinshasa et de Bandundu)….vont se recueillir  à leur tour devant le cercueil couvert du drapeau de la RDC.

            Agacé probablement de voir les deux confrères chargés de relayer le programme des obsèques à l’assistance faire la part belle aux autorités, le gouverneur Kimbuta se dirige vers eux pour leur dire que le deuil concerne beaucoup plus la population que les décideurs politiques.

Une file ininterrompue des kinois et même  des  sapeurs venus de Brazzaville  ne cesse de s’allonger devant la dépouille mortelle du compositeur de «Nzila velela». Les forces de l’ordre ont de mal à contenir la foule qui en dépit de la canicule, tient  à rendre un dernier hommage à King. Débordés par moment, les policiers ont parfois recours à leurs biceps ou barrières  pour les discipliner.

Jean- Pierre Nkutu

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