126 milliards de FCFA pour le 3ème pont d’Abidjan !

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Ville insolite d’Afrique, surnommée « Manhattan des tropiques » ou « petite Manhattan » ou « perle des lagunes », Abidjan affiche la volonté de nouvelles autorités du pays d’écrire autrement l’histoire de la Côte d’Ivoire après les violences postélectorales de 2011. L’exemple frappant de cette détermination est sans aucun doute la construction du pont Henri-Konan Bédié, devant relier la commune de Riviera à celle de Marcory en 15 minutes seulement, au lieu d’une heure que les automobilistes gaspillent actuellement. A la suite de notre visite, le directeur technique de la Société de construction du pont Riviera-Marcory (SOCOPRIM) a affirmé que les travaux de construction de ce troisième pont d’Abidjan sont achevés à 70%, et le pari de le livrer avant le 22 décembre sera tenu !

 En effet, ce chef-d’œuvre de 1,5 Km est un pont à péage, exclusivement réservé à la circulation automobile. Le montant des péages servira au remboursement des emprunts, à l’entretien de l’ouvrage et au fonctionnement de la société concessionnaire. Malgré le péage, le pont reste économiquement attractif, compte tenu des économies de carburant qu’il permet de faire. « Des abonnements à tarif réduit seront proposés aux usagers fréquents ; ces abonnements permettront un paiement électronique sans contact accélérant le passage et évitant le détournement et la corruption… », a indiqué le technicien soulignant néanmoins que pour des raisons de sécurité, un passage particulier est réservé aux piétons qui peuvent l’emprunter gratuitement.

Les travaux exécutés, conformément aux standards de la Banque Mondiale en matière de sécurité et de respect de l’environnement ont englouti 47.000 mètres cubes de béton, 900.000 mètres cubes de terrassement, 4650 mètres de pieux forés de 2m de diamètre et 85 m de profondeur.

Son coût global étant de 126 milliards de F CFA, le pont Henri-Konan Bédié a pris 25 mois de construction pour 6,7 Km de voies routières. Alors que 1400 personnes sont mobilisées sur ce chantier, 15% d’entre elles, avons-nous appris, sont des femmes.

C’est au bout de 30 ans d’exploitation que l’ouvrage sera récupéré par l’Etat ivoirien.

Lancés en septembre 2011 par le président Alassane Dramane Ouattara, ces travaux sont pris en charge par l’Etat ivoirien et la livraison de l’ouvrage aura lieu en décembre 2014. 100.000 véhicules pourront traverser ce pont HKB chaque jour !

« A mi-parcours, les travaux sont réalisés à plus de 70%. Le gros-œuvre est achevé, il n’y a pas eu de problème majeur sur le chantier », a déclaré la chargée de communication à la délégation des journalistes congolais visitant ce chantier. Pour elle, le délai de livraison du 22 décembre sera tenu.

Très attendu des Abidjanais, ce pont vient répondre «aux difficultés de circulation» tout en symbolisant « une Côte d’Ivoire nouvelle, une Côte d’Ivoire ambitieuse, qui a foi en son avenir ».

Grâce à son échangeur à trois niveaux, les Abidjanais affirment tout haut que c’est un signe de fierté, une des grandes marques de la volonté des nouvelles autorités de faire de la Côte d’Ivoire un pays émergent, donnant rendez-vous à la mi-décembre pour son inauguration.

 Un tramway dans Abidjan

 Un accord-cadre a été signé, à Abidjan, entre le gouvernement ivoirien et un consortium de quatre entreprises en vue du démarrage des travaux du projet de train urbain dans la capitale économique de Côte d’Ivoire. Dans un communiqué rendu public, le ministère des Transport, fait noter que ce projet de train urbain reliera Anyama à l’aéroport Félix Houphouët Boigny, via Abobo, Adjamé, Plateau, Treichville et Port-Bouët. Ce système permettra d’assurer le transport d’environ 300 000 personnes par jour », a déclaré le ministre des transports, Gaoussou Touré, lors de cette cérémonie qui s’est tenue à la salle de conférences dudit ministère en présence de plusieurs autres ministres ivoiriens.

Cette initiative qui entre dans le cadre du désengorgement du trafic routier et de la modernisation du système des transports dans la capitale économique du pays, devrait permettre de trouver des réponses aux embouteillages à Abidjan, qui ‘’engendrent des pertes importantes pour l’économie ivoirienne’’, souligne M. Touré.

Il a en outre annoncé la construction de quais modernes, et l’arrivée de compagnies privées de transport lagunaire par «bateaux-bus de dernière génération» qui «relieront dans des délais records de 8 à 30 minutes la quasi-totalité des communes d’Abidjan».

            Le consortium composé notamment de DTP Terrassement, Bouygues Travaux publics, Dongsan Engineering, Hyundai Rotem company était représenté à la signature de l’accord par le directeur des Concessions chez Bouygues, Charles Paradis, indique-t-on.

            Il convient de noter qu’au cours de cette excursion organisée par la nouvelle société aérienne Air Côte d’Ivoire, les agenciers de voyage et chevaliers de la plume ont appris que d’après la tradition orale «ébrié» le nom d’Abidjan, Abijean11 à l’époque, serait né d’un quiproquo. La légende raconte qu’un vieil homme revenant de son champ, les bras chargés de branchages probablement destinés à la réfection du toit de sa case, rencontra sur son chemin un explorateur européen en perdition qui lui demanda le nom du village le plus proche. Le vieil homme ne parlant pas la langue de l’homme blanc crut comprendre que celui-ci demandait ce qu’il faisait en ces lieux. Terrorisé par cette rencontre inattendue, il s’enfuit en criant : « min tchan m’bidjan », ce qui signifie en langue ébrié : « je reviens de couper des feuilles ». L’homme blanc crut avoir eu la réponse à sa question et consigna consciencieusement dans son bloc-notes Abidjan.

Par Tshieke Bukasa, envoyé spécial à Abidjan

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