12 mois pour consolider les acquis

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Joseph Kabila s’est auto-évalué hier devant la Nation, à travers les deux chambres du Parlement réunies en Congrès, sur une période de 4 ans. Le Chef de l’Etat a fait montre d’honnêteté dans l’analyse de la situation globale du pays, reconnaissant des avancées notables dans certains secteurs, et des faiblesses dans d’autres. Il s’est engagé à mettre à profit les douze dernier mois de son quinquennat pour consolider les acquis sécuritaires, économiques, sociaux, politiques et infrastructurels.

Au plan sécuritaire, 145 territoires sont sécurisés, tandis que cinq connaissent une paix précaire, en raison de la persistance des poches résiduelles des rebelles FDLR (Forces Démocratiques pour la Libération du Rwanda) et de l’ADF-NALU (rebelles ougandais). Pour une défense plus efficiente de la République et une meilleure sécurisation des personnes et de leurs biens, l’année 2011 va être celle de l’accélération des réformes de l’armée, de la police et des services de sécurité, a-t-il promis.

              Consolidation de la paix et de la sécurité, justice de proximité, territoriale de développement, clarification des compétences entre l’Exécutif national et les gouvernements provinciaux, harmonisation de la cohabitation entre les exécutifs provinciaux et les organes délibérants, sont autant de défis que s’impose le Chef de l’Etat pour le dernier virage de son mandat.

            Le cadre macro-économique, déjà satisfaisant avec un taux de croissance proche de 6% et un taux d’inflation contenu dans la fourchette de 9%, devrait être amélioré par la poursuite de l’assainissement du climat des affaires, la mobilisation plus accrue des ressources internes, la bonne gestion des finances publiques, la discipline budgétaire en matière des dépenses, le contrôle strict des secteurs miniers et pétroliers, etc.

            Après l’effacement du gros de notre dette extérieure, l’endettement ne devrait intervenir plus qu’au titre de dernier recours. Autrement dit, le pays devrait avant tout compter sur ses ressources propres. A partir de 2012, le cuivre, le cobalt, le diamant, l’or, le bois congolais devraient cesser d’être exportés comme bruts. La valeur ajoutée devrait devenir la règle d’or pour les exportations congolaises. Un coup d’arrêt devrait être donné rapidement au bradage des ressources naturelles et minières nationales.

            La bataille de la valorisation des ressources nationales sera étendue même au plateau continental, où les négociations avec l’Angola pour l’extension de notre frontière maritime sont très avancées. Parlant des limites du territoire national, Joseph Kabila a affirmé sa détermination à faire respecter le tracé des frontières héritées de la colonisation.                        A son avis, les incursions passagères des voisins dans certaines contrées du pays ne devraient pas inquiéter les Congolais outre mesure. Aucun centimètre du territoire national, a-t-il juré, ne serait hypothéqué.

Dans les douze mois à venir, le Chef de l’Etat pense que le gouvernement sera en mesure de dégager les ressources requises pour la gratuité de l’enseignement au niveau des trois premières années primaires dans le secteur public.

 La visibilité des 5 chantiers de la République va être boostée en 2011, de manière à construire une université à Kindu et une autre à Bukavu ; à finaliser l’aménagement de l’Hôpital du Cinquantenaire à Kinshasa et du pont Mpozo à Matadi ; à démarrer les travaux de construction d’un port en eaux profondes à Banana, des barrages de Kakobola au Bandundu, de Katende pour les deux Kasaï et de Nzilo au Katanga. Le rêve de Kabila est d’arriver à l’interconnection routière, ferroviaire, fluviale et aérienne de toutes les provinces du pays.

            La desserte en eau et électricité, qu’il a reconnue être encore très faible, devrait être améliorée. Le projet de construction d’Inga III, avec le concours des partenaires africains et extérieurs, est en train d’être ficelé. Quant à la seconde ligne à haute tension entre Inga et Kinshasa, elle sera en chantier à partir de 2011.

            L’habitat le préoccupe aussi, d’où l’annonce des projets d’aménagement des logements sociaux dans toutes les grandes villes du pays.

            Au plan alimentaire, les grands greniers agricoles vont être réhabilités. La RDC nourrit l’ambition de s’auto suffire, dans les années à venir, en maïs, sucre, viande, poissons, etc. Les cultures d’exportation (coton, café, caoutchouc) sont dans le collimateur présidentiel et leurs zones de prédilection correctement ciblées.

            « Zéro enfant congolais sidéen » : Joseph Kabila croit y parvenir dans trois ou quatre ans, par le biais d’une lutte sans merci contre le Vih/ sida et son « voisin » naturel, le paludisme. Cela sous-entend la redynamisation du réseau sanitaire national.

            Inscrit à l’école de la démocratie depuis 2006, Joseph Kabila veut rassurer ses compatriotes quant à la volonté du gouvernement d’apporter à la CENI (Commission Electorale Nationale Indépendante), tout l’appui matériel, financier, logistique et juridique dont elle a besoin pour piloter le processus électoral de 2011 jusqu’à son terme.

Le Chef de l’Etat a salué la précieuse contribution des confessions religieuses dans les secteurs de la santé, de l’éducation et de la moralisation des Congolais.

            L’impression que laisse le message présidentiel est que Joseph Kabila s’est engagé, pour un bail de 12 mois, à pousser le pays à se porter davantage mieux qu’il y a 15 ans ou 40 ans. A l’échéance de 2011, chacun de nos concitoyens aura le loisir de le juger sur pièces, comme il l’a lui-même recommandé dans le préambule de son intervention.

                                               Kimp.

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